« Loin de toi, ma vie » : dans l’Italie de la fin du XVIIe siècle, comme aujourd’hui, la musique cherche à donner une forme sensible à nos émotions et à nos désirs les plus intimes. Comment ces élans pouvaient-ils résonner au seuil de l’époque moderne, lorsque l’individu — alors porté par un mouvement d’émancipation — se plaçait au centre ? Ces sonorités, « loin de notre vie », ont pourtant gardé le pouvoir de nous toucher, en rappelant l’énergie juvénile et créatrice d’un temps avide de renouvellement et de liberté.
Associé à la soprano Hélène Walter, l’Ensemble Daimonion allie l’intimité chambriste à la virtuosité éclatante. Il met en lumière l’art de l’ornementation improvisée au fil de la ligne mélodique, ainsi que l’inventivité du basso continuo : dissonances savoureuses — les fameuses false che dilettano — et frottements harmoniques y deviennent source d’enchantement. Mais au-delà de l’érudition, l’ambition du musicien, comme celle du compositeur, demeure de parler au cœur et d’émouvoir l’auditeur. Puissent ces pages non seulement célébrer la nostalgie de « toi, ma vie », mais aussi, d’une certaine manière, l’accomplir…
Hélène Walter
Hélène Walter poursuit une brillante carrière internationale, se produisant sur les scènes du Müpa de Budapest, du Palau de la musica de Barcelone, du Concertgebouw d’Amsterdam et du Musikverein de Vienne. Artiste éclectique, active aussi bien sur les scènes d’opéra que dans les salles de concert, on la retrouve chez Bach dans la Messe en si, les Passions, l’Oratorio de Noël et Pâques aux côtés des musiciens du Louvre, de la Wiener Akademie, de Spirito, de l’ensemble Pygmalion et dans la 4e symphonie de Mahler avec le Kammerorchester de Bâle.
Hélène Walter apparaît en premier plan dans deux productions discographique, enregistrées au sein du prestigieux château de Versailles avec la Chapelle Harmonique et plus récemment avec la Chapelle Rhénane.



