CAPELLA ITINERIS

Stadpfeiffer, Piffari, musique pour cinq souffleurs

Johann Rosenmüller (1617-1684)
Sonata nona a sei, Sonate, Nürnberg 1682

Anonyme attribué à Jan Pieterszoon Sweelinck (1562-1621)
Die flichtig Nimphae, SwWV 331

Johann Rosenmüller
Sonata seconda a due cornetti

Giovanni Picchi (1571-1643)
Sonata decima a due flauti e due tromboni, Canzoni da sonare, Venise 1625

Dario Castello (vers1590-après1630)
Sonata decimaterza a quattro, Sonate concertate, Venise 1625

Heinrich Schütz (1585-1672)
Der Herr ist gross, Kleine Geistlich Konzerte, 1636

Giovanni Pierluigi da Palestrina (vers 1525-1594)
Diminutions de Davide Lombritto sur Vineam meam, mottetorum liber quartus, 1584 

Giovanni Paolo Cima (1570-1622)
Sonata a quatro, concerti ecclesiastici, 1610

Heinrich Scheidemann (ca.1595-1663)
Ballett

Francesco Rognoni (1570-1626) d’après Cipriano da Rore
Diminutions sur Anchor che col partire, Il vero modo […], Venise 1584

Andrea Falconieri (1586-1656)
Passacalle a 3, Il primo libro di Canzoni, Sinfonie…, Naples 1650

Daniel Speer (1626-1707)
Sonate für zwei Zinken und drei Posaunen, Neu-gebachene Taffel-Schnitz, 1685


Les musiciens

Marc PAUCHARD -cornet à bouquin
Josquin PIGUET-  cornet à bouquin
Morgan JAFFRE – sacqueboute
Davide LOMBRITTO – sacqueboute 
Bénédicte WODEY – dulciane et flûte à bec
Adrien PIECE – orgue


Stadpfeiffer, Piffari, musique pour cinq souffleurs

Le programme « Stadpfeiffer, Piffari, musique pour cinq souffleurs » présente un aperçu de ce qu’un groupe de souffleurs aurait pu jouer aux alentours de 1600-1660 : des sonates composées originalement pour ce type d’ensemble, des arrangements de pièces destinées à d’autres instruments ou encore des pièces polyphoniques vocales jouées da concerto avec leurs diminutions. Lorsqu’ils ne jouaient pas en plein air, ces instrumentistes à vent pouvaient aussi se produire en compagnie d’un orgue ou d’un clavecin.

L’importance des instruments à vents dans la musique de la Renaissance n’est plus à démontrer. Ils tiennent en effet un rôle prépondérant aussi bien dans la musique religieuse que profane. Malgré leurs différences, le cornet, la sacqueboute et la doulciane (ou fagot) se réunissent au sein d’un même consort. Plusieurs sources illustrent cette combinaison d’instruments de différentes famille (embouchures ou anches doubles). Cette réunion vient entre autres du fait que deux de ces familles d’instruments sont incomplètes. En effet, si deux cornets basses sont conservés dans les musées, cet instrument n’est quasiment jamais mentionné dans les sources. Le cornettino quant à lui n’est pas utilisé comme dessus de la famille des cornets, mais comme instrument à vent aigu dans les grandes pièces polychorales et comme instrument soliste.

Chez les sacqueboutes, l’instrument principal est le ténor. Il existe aussi une sacqueboute basse et une alto qui sont utilisées fréquemment mais il manque tout de même un instrument soprano à cette famille, rôle que le cornet à bouquin endosse parfaitement. La doulciane existe quant à elle dans toutes les tailles. Néanmoins, elle se joint régulièrement aux cornets et sacqueboutes pour jouer la voix la plus grave. Plus agile que le trombone basse, elle convient parfaitement à un répertoire dans lequel la voix de basse peut-être assez virtuose.

Dans la musique antérieure à 1580, l’instrumentation est rarement spécifée. La plupart des instrumentistes à vent d’autrefois (que l’on nommait Piffari à Venise ou Stadtpfeiffer en Allemagne) jouaient de plusieurs instruments. Alors qu’avant le développement de l’imprimerie musicale au début du XVIème siècle, la musique se transmettait essentiellement oralement, la partition devient un outil d’apprentissage et d’exécution de plus en plus précis et complet. Les compositeurs vont dès lors spécifier de plus en plus souvent l’instrumentation. Par exemple, si dans notre programme la sonate de Daniel Speer demande un consort de cornets et sacqueboutes, la Sonata nona de Johann Rosenmüller est destinée à un ensemble à cordes. Mais à une époque où une grande partie des compositeurs mentionnent uniquement la tessiture ou composent pour « ogni sorte di strumenti », il est assez naturel (ou parfois juste tentant) de s’approprier tel ou tel répertoire.

Il existe aussi plusieurs manières de jouer une même pièce. Ainsi, pour l’exécution des motets da Capella, on fait appel à des chanteurs soutenus par des instruments à vent. On obtient ainsi des pièces à grand effectif, accompagnant les cérémonies des festivités importantes. Dans des églises plus modestes, on peut exécuter les motets da concerto, c’est-à-dire en faisant jouer une réduction de la polyphonie par un orgue, un clavecin ou un luth et ne chantant qu’une seule voix, agrémentée de nombreux ornements. Heinrich Schütz, au milieu du XVIIème siècle, fut contraint de composer directement pour de plus petits ensembles à cause du manque d’effectifs dû à la guerre de trente ans.

www.capella-itineris.ch

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