C'est en 1986 que l'ADMA a été créée par un groupe de mélomanes passionnés par la musique baroque. Il leur paraissait nécessaire de défendre la musique des siècles passés dans l'authenticité de sa création et dans le respect du style d'interprétation de l'époque. Leur motivation était de retrouver, avec les instruments anciens, l'application des méthodes et des traités du passé, l'équilibre sonore propre à une
époque.
Autrefois, les auditeurs ne voulaient entendre que de la musique nouvelle. A l'époque de Bach on ne chantait plus Machaut, et les violonistes qui exécutaient les concerti de Mozart ne jouaient plus Bach. Mendelssohn en revanche, ayant découvert la Passion selon saint Matthieu de J.S. Bach et décidé que ses contemporains devaient entendre cette musique, la dirigea dans son enthousiasme comme l'un de ses propres oratorios : avec un grand orchestre, un
grand choeur et des phrasés romantiques.
Les instruments : si Bach avait connu la flûte traversière moderne, il l'aurait préférée au traverso de son époque, entend-on dire. Or, sur l'instrument moderne, tous les sons sortent de façon égale en brillance, de manière homogène. Sur le traverso en bois, le son est en revanche beaucoup plus doux et certaines notes sonnent plus sombre que d'autres : l'instrument n'est pas homogène. Un instrument ne peut donc pas
remplacer l'autre sans trahir le compositeur.
Le style : une partition du 17e siècle ne s'exécute pas de la même façon qu'une partition du 19e siècle. Les notes, les rythmes s'ils se lisent pareillement, ne se comprennent que fort différemment. Le musicien baroque doit pouvoir orner, broder autour de l'écriture du compositeur. Ces traditions perdues peuvent être retrouvées en compulsant les nombreux traités d'exécution musicale laissés par certains
compositeurs théoriciens ou grands interprètes du passé.
L'ADMA tente de rester fidèle aux réflexions qui précèdent et qui se fondent sur une présentation plus détaillée faite par Thierry Dagon, alors membre du comité, en 1997. Les concerts proposent aux mélomanes de la région et d'ailleurs de découvrir des artistes, des ensembles ainsi que des programmes qui, eux aussi, devraient permettre des découvertes. Dans le souhait d'intéresser un plus vaste public à
ces évènements, nous collaborons aussi avec d'autres associations ainsi qu'avec le Conservatoire de Fribourg et avec la Société des Amis du Musée d'art et d'histoire de Fribourg.